Je m’appelais Anneliese.

Je m’appelais Anneliese.

Mon histoire

Je m’appelle Anneliese Michel, je suis née le 21 septembre 1952 à Leiblfing, en Bavière. Je mène une vie tout à fait normale, complètement épanouie au sein de ma famille. Avec mes parents et mes trois sœurs Gertrud, Roswitha et Barbara nous allons à l’église, pour nous, les valeurs chrétiennes sont très importantes.

Tout commence en 1968, l’année de mes 16 ans. C’est la première fois que je perds le contrôle de mon corps. Je tremble, mon corps se contracte, j’entends même mes os craquer. J’ai l’impression qu’on rigole derrière moi, mais il n’y a personne, je suis perdue, seule, dans ma chambre à trembler de tout mon corps. Je veux appeler mes parents, mais aucun son ne sort de ma bouche. J’ai pourtant l’impression de crier : « Papa ! Maman ! » Rien. Je sens que je vais perdre connaissance. Noir.

Je me réveille. Je me rends compte que j’ai été inconsciente une dizaine de minute. J’arrive enfin à appeler mes parents. Ils ne sont pas plus inquiets que ça alors, finalement moi non plus. Sauf que mes crises se font de plus en plus souvent et de plus en plus fortes. Mes parents se décident quand même d’ appeler notre médecin de famille. Diagnostique : je suis épileptique et internée dans un hôpital psychiatrique.

Plusieurs médecins se penchent sur mes crises qui sont toujours de plus en plus courantes et violentes. D’après eux, en plus d’être épileptique, je souffre de dépression sévère. Combien de temps vais-je rester à l’hôpital ? Mon traitement est lourd. Beaucoup trop lourd, à tel point que je ne me nourris plus. Par manque de force, ou d’envie ? Je ne sais pas. Par contre, les crises, elles, sont de plus en plus soutenues. J’ai des convulsions très violentes, je ne contrôle rien du tout, je ne peux m’empêcher de faire des génuflexions. Parfois même par centaine. Mon état s’aggrave. Je suis fatiguée, je ressens de la colère, j’ai l’impression que les gens me veulent du mal, aussi dès qu’ils s’approchent de moi, je me met à hurler ! Je me sens en danger ! On veut me tuer !

Je ne mange plus, ne bois plus. J’essaie malgré tout de retrouver la foi et je fais des prières quotidiennes mais, lorsque je prie, j’aperçois des visages qui me font des grimaces. Je sais que ces visages ne sont pas humains, leurs intentions nullement amicales. Ce sont clairement des visages démoniaques. Je les appel Fratzen. En plus de ces visages, maintenant j’entends des voix mais je ne comprend pas vraiment ce qu’elles me disent. Je parle de ce que je vois et de ce que j’entends à mes médecins, ils ne savent pas quoi faire. Je les sens démunis. Il n’y a plus d’autre solution que celle de me donner un traitement encore plus lourd. Il fonctionne….. un peu.

Les crises sont moins fortes, mais toujours là. Au bout d’un an d’hospitalisation, je peux rentrer chez moi. Bien sûr, mes Fratzen et les voix rentrent avec moi.

Je retourne à l’école, mais j’ai beaucoup de mal à me concentrer. Les autres élèves me regardent bizarrement et il m’arrive de voir leurs visages se déformer. Toujours des grimaces, toujours ces voix. Je prie tous les jours et pour prendre mon traitement, je bois de l’eau bénite. Je m’accroche à ma foi, Marie ! Aide-moi ! Donne-moi la force ! Ne me lâche pas !

Les effets du traitement s’estompent peu à peu et mes crises redeviennent violentes et quasi quotidiennes. C’est comme si l ‘année passée l’hôpital n’avait servi à rien, tout est redevenu comme avant. Que faire ? Je sens que je ne suis plus moi-même depuis longtemps, je sais qu’il y a quelque chose en moi de démoniaque, mais est-ce mon imagination ? Les différents traitements m’ont-ils fait perdre les pédales ? Ou sont-ce réellement des démons qui jouent avec moi et me prennent pour une marionnette ? Mes parents se posent aussi cette dernière question et vont, enfin, demander de l’aide à l’église.

Nous sommes maintenant en 1973. Mes parents demandent à l’Eglise de me faire exorciser. Celle-ci refuse. Je ne correspond pas aux critères d’une possession démoniaque. Cette blague ! Désolée si je ne lévite pas, si je ne parle pas dans une langue inconnue ou encore que je ne sache pas des choses que je ne devrais pas savoir. J’en ai marre de tout ça ! Je me demande si le fait de me dire « laisse tomber, tu es folle » n’est pas la solution une fois pour toute. Assumer ma folie et basta.

Je ne me nourris plus. Je reste au lit, je ne veux voir personne. Dès que quelqu’un rentre dans ma chambre, je saute dessus, je ne veux pas être dérangée ! S’il faut mordre, je mords. Je suis fatiguée de cette situation ! Il m’arrive de hurler certaines nuits ! Je dors par terre comme un animal. Parfois il m’arrive de me mettre à genoux pour tenter de prier mais je ne peux pas. Mon corps se relève tout seul ! Comme s’il ne veut pas que je m’agenouille devant mon crucifix ! D’ailleurs au bout d’un certain temps, je fais valdinguer celui-ci car j’en peux plus de lui. Dieu, Jésus, Marie, tous, m’ont laissé tomber !

Il faut attendre 1975 pour que l’archevêché de Würsburg veuille bien étudier mon cas et tenter un exorcisme basé sur le rituel Romain. Si un démon se cache en moi, grâce à ce rituel, il sera obligé de se montrer. A ce moment, je ne sais pas comment je dois réagir. Suis-je heureuse de voir que quelqu’un s’intéresse à moi ou suis-je inquiète de ce que nous allons découvrir ? Je fais alors la rencontre de deux Pères. Le Père Alt et le Père Renz. Ils m’expliquent qu’ils ont pour projet de faire deux exorcismes par semaine. J’espère tenir le coup. Je suis tellement faible. Mais je dois m’en sortir ! J’ai 22 ans, et tellement de belles choses à vivre encore !

Les séances d’exorcismes se passent très très mal. Il faut souvent deux ou trois hommes pour me tenir tellement je me débat. Je me vois comme si j’étais à l’extérieur de mon corps. Je vois les démons jouer avec moi ! Je ne peux rien faire. Je hurle, je pleure mais personne ne m’entends. Je vois mon corps changer, se contorsionner. Je vois mes genoux littéralement se casser après des centaines de génuflexions. Entre les exorcismes, la plupart du temps, je dors. Lorsque j’ai faim, je mange des araignées, et je bois mon urine. Mes démons n’acceptent que ce genre de nourriture. Je suis encore plus amaigrie. J’ai toujours un traitement très lourd. On me l’administre presque sans que je ne m’en rende compte car je suis complètement amorphe, à tel point que je ne peux plus marcher. Soit je rampe dans ma chambre, soit il faut me soutenir. Mes parents me lavent mais aucun savon n’enlève cette odeur de pourriture qui émane de mon corps. Rien ne change. J’ai même l’impression que tout s’empire.

Les exorcismes sont enregistrés sur des cassettes. J’arrive du coin de l’oeil à en compter une quarantaine. Sur ces cassettes, ont peut entendre les démons parler à travers moi et même se parler entre eux. On entends même des noms : Lucifer, Satan, Judas Iscariote, Néron, Caïn et même Hitler.

Lors d’une séance la Vierge Marie m’est apparue. Je lui ai demandé pourquoi je devais vivre ça ? Elle m’a répondu qu’il fallait que j’accepte mon sort pour montrer l’existence du Dieu. Oui, si le Diable existe, alors Dieu aussi.

En 1976 je suis atteinte d’une pneumonie. Je ne prends plus aucun traitement et ne m’alimente plus. Tout me fatigue. Je n’en peux plus. Toujours au rythme de deux exorcismes par semaine, je suis complètement affaiblie. La peau sur les os. Le 30 juin 1976 sera mon dernier exorcisme. Celui de trop ? Celui de la délivrance ? Toujours est-il que c’est la Vierge Marie, cette fois qui m’a libéré du mal. Elle est venue me voir, je lui ai sourit. J’ai crié son nom, elle m’a emporté.

Je m’appelais Anneliese Michel, je suis décédée à l’âge de 23 ans dans les bras de ma mère.

Conclusion

Les parents d’Anneliese et les deux prêtres ont été arrêtés et inculpés pour négligences ayant entraîné la mort. Tous, seront condamnés à 6 mois de prison avec sursis. Anneliese souffrait d’un pneumonie, elle ne s’alimentait plus et avait arrêté son traitement subitement, déshydratée et souffrante de malnutrition. Tous cela aurait, selon les médecins présents lors du procès, engendré une crise cardiaque. 

Pour leur défense, les parents ont évoqués leur croyance, et pensaient réellement que les exorcismes feraient du bien à leur fille. Les prêtres eux, ont évoqué leur réussite à avoir libéré cette femme de l’emprise des ses démons. Pour cela, ils font écouter à la cour leur dernier enregistrement dans lequel nous pouvons entendre les différents démons se disputer pour savoir lesquels partiront en premier du pauvre corps d’Anneliese.

Depuis ce triste événement, il n’existe plus de prêtre-exorciste en Allemagne. Les exorcismes n’existent plus, on préfère parler d’accompagnement spirituel.

Les enregistrements de certaines séances d’exorcisme sont en ligne sur Youtube et peuvent être écoutés. Ils sont extrêmement dérangeants. Certain conseillent même de réciter une prière de protection avant de les écouter.Vous en trouverez un ci-dessous.

Personnellement, je les ai écoutés et… je ne me suis pas senti très à l’aise après. Pas de la peur, mais de la pitié pour cette pauvre jeune fille. Et c’est aussi pour rendre hommage à Anneliese que j’ai décidé d’écrire son histoire de son point de vue. D’essayer, bien modestement, lui donner la parole.

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